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Les origines et l’histoire du tango argentin

Le tango argentin est né à la fin du 19e siècle, à Buenos Aires, dans les quartiers populaires des bords du Rio de la Plata. Les premières origines du tango proviennent de la communauté noire issue de l’esclavage. Cette dernière représentait au moins un quart de la population des quartiers pauvres. Le mot « tango » tirerait d’ailleurs son origine de là. Sa première signification serait « le lieu où le négrier entassait ses esclaves, qui faisaient la fête avant d’embarquer ». Les danses et les musiques de cette communauté sont les fondements du tango, qui n’était pas à cette époque encore bien défini.

Au départ, le tango était pratiqué par des groupes de musiciens qui jouaient de la flûte, du violon et de la guitare. L’instrument mythique, qui est le bandonéon, ne fera son apparition qu’à partir des années 1900, en remplacement de la flûte. Les premiers tangos n’étaient pas écrits, mais simplement des variantes de morceaux existants.
Le début du 20e siècle marque un nouveau tournant pour le tango. Il se danse dans des taudis ou des endroits « de mauvaise réputation », dans un univers très masculin : ce qui explique pourquoi le tango est dansé de manière assez provocatrice et directe. Les chansons qui accompagnent ces danses sont, elles aussi, relativement vulgaires.

Peu à peu, les jeunes de la bourgeoisie de Buenos Aires vont se rendre dans ces quartiers populaires, pour s’amuser et faire des rencontres. Lors de leurs voyages en Europe, et surtout à Paris, ils vont amener avec eux cet esprit « tango », qui n’aura pas de mal à s’imposer dans la capitale. De simple mode, cette danse va devenir rapidement incontournable, et va se propager alors dans toute l’Europe. Des critiques, en particulier de la communauté religieuse, vont naître : les mouvements évocateurs et la proximité des corps choquent la société bien-pensante. Mais tout cela n’entachera pas le développement de cette danse et la sympathie du public pour elle.

Plusieurs variantes du tango existent, mais il faut surtout différencier deux styles de tango : le tango argentin, l’original appelé simplement tango, et le tango standard ou tango européen, plus moderne, né en Angleterre en 1924. Par la suite, différents tangos se développent, comme le tango Canyengue, à l’origine du tango théâtral, le tango de spectacle, le tango nuevo, le tango finlandais, et enfin le tango de salon à la fin du 20e siècle.
Des chanteurs comme Carlos Gardel ou Roberto Goyeneche ont rendu célèbre le tango dans le monde entier. Dans les années 1980, Julio Iglesias y contribua également, puis, plus récemment, le groupe franco-suisse-argentin Gotham Project, a modernisé cette musique indémodable.

Pour les passionnés, un championnat du monde de tango argentin est organisé tous les ans, dans la capitale historique de cette danse, Buenos Aires.

L’apprentissage du tango argentin

Pour apprendre le tango argentin et pour maîtriser l’art de cette danse, il est nécessaire d’être accompagné par un professionnel. Il ne s’agit pas de danser un tango argentin, il faut le « vivre », avec passion et émotions.
Les débutants doivent commencer par découvrir la salida, qui est un pas de base. C’est cette technique qui permet au couple de danseurs d’apprendre à se déplacer ensemble, de prendre possession de l’espace, et ainsi d’intégrer certains éléments techniques du tango.
Mais, le tango est avant tout une danse improvisée, dont les émotions provoquées par la musique se traduisent par des pas. Les meilleurs danseurs dansent d’une façon totalement improvisée et se déplacent en fonction de la mélodie. Ils marchent sur les temps forts et accélèrent sur les contretemps. La connexion entre les deux partenaires est essentielle, il faut que les danseurs soient en osmose.
Cependant, le tango n’est pas qu’une danse libre pour autant. Pour pouvoir s’exprimer entièrement et faire passer ses émotions, il faut connaître certaines figures classiques, très structurées, comme le boleo ou le lapiz. Une école de tango argentin, avec des professeurs reconnus, est essentielle dans cet apprentissage.
Le tango est en effet composé de marches et de tours. Chaque danseur va adapter sa morphologie, sa façon de se mouvoir, afin de se connecter à l’autre. Cette phase d’approche, l’abrazo, qui est un rituel au début de la danse, est un moment important, et fait intégralement partie de la prestation artistique.
Il est important de noter que pendant la danse, le guidage du partenaire ne passe pas par les mains, mais par le buste, grâce à l’appui du poids du corps. C’est cela qui donne toute sa puissance au tango, mais qui demande aussi une grande maîtrise.
Seuls des cours de tango argentin de qualité permettent d’acquérir les bases de cette danse, qui laisse place à ses émotions, mais qui reste très technique malgré tout.